Abbatiale d'Airvault

La nef

 La nef de sept travées est rythmée par des piliers quadrangulaires avec des colonnes engagées aux chapiteaux sculptés. Les hautes arcades ouvrent sur des collatéraux voûtés en berceau plein cintre.

Le couvrement de la nef romane et remanié au XIIIe siècle, peut-être à la suite de l'effondrement du clocher ; la construction de voûtes gothiques angevines, voûtes d'ogives particulièrement bombées, va permettre de rehausser l'édifice et de percer des fenêtres hautes, apportant un éclairage direct dans la nef.
Le visiteur remarquera la richesse du décor sculpté, qu'il s'agisse des chapiteaux ou des clés de voûte.

La nef de sept travées est rythmée par des piliers quadrangulaires avec des colonnes engagées aux chapiteaux sculptés. Les hautes arcades ouvrent sur des collatéraux voûtés en berceau plein cintre.

Le couvrement de la nef romane est remanié au XIIIe siècle, peut-être à la suite de l'effondrement du clocher ; la construction de voûtes gothiques angevines, voûtes d'ogives particulièrement bombées, va permettre de rehausser l'édifice et de percer des fenêtres hautes, apportant un éclairage direct dans la nef.

La profusion du d√©cor sculpt√© est remarquable , qu'il s'agisse des chapiteaux, des cl√©s de vo√Ľte mais aussi de ces statues en pied, plut√īt √©nigmatiques, qui constituent l'une des curiosit√©s de l'abbatiale Saint-Pierre. Elles  sont post√©es de part et d'autre des colonnes, reposant pieds nus sur des consoles grima√ßantes, symbole sans doute de la victoire de la vertu sur le vice. Certains de ces personnages portent un livre ou un manipule sur le bras ; d'autres tenaient un objet aujourd'hui disparu. Ce sont peut-√™tre les chanoines de l'abbatiale.

Les traces de pigments colorés encore visibles sur certaines parties évoquent le programme peint presque entièrement disparu aujourd'hui. Certains décors au style fruste étaient, en effet, rehaussés de peinture pour accentuer les reliefs et les contrastes, les plis des vêtements, dessiner les yeux, comme c'est nettement visible sur la face simiesque d'une des consoles ou les pupilles gardent des traces de peinture noire.

Les chapiteaux

Les chapiteaux de la nef et des collatéraux offrent des motifs variés : certains sont purement ornementaux avec des pommes de pin, des vanneries et des feuillages. Ils voisinent avec des animaux réels ou fantastiques parfois menaçants, des sirènes tentatrices, des hommes qui combattent avec des gourdins... Seules de rares images semblent faire référence à des textes connus ; pour les autres, l'interprétation est hasardeuse !

Ici, un cavalier vient pourfendre de sa lance un dragon qui sans doute s'attaquait au personnage debout derri√®re le cheval.  Il pourrait s'agir de la l√©gende de Saint-Georges. Ce chapiteau est situ√© √† l'entr√©e de l'√©glise, juste √† c√īt√© de la chapelle d√©di√©e √† Saint-Michel qui lui aussi, affronte le dragon. Le message est clair : il faut affronter le mal.

Voici l'√©vocation d'un repas : le personnage central montre un poisson qui fut chez les Pal√©ochr√©tiens un symbole du Christ. Ce personnage est peut-√™tre le Christ. Sur le c√īt√© droit, un serviteur sert √† boire mais sa  cruche semble vide. Derri√®re lui, d'autres r√©cipients constituent une r√©serve. Sans doute est-ce l√† une √©vocation des Noces de Cana.

Trois personnages à cheval. Peut-être une simple évocation de l'homme dans ses activités quotidiennes, peut-être une évocation des trois Rois.

Visages d'hommes dans des entrelacs. Le p√®re abb√© ou le ma√ģtre porte la barbe. Dans la trav√©e pr√©c√©dente, on peut voir un chapiteau compos√© de fa√ßon identique : √† la place des visages, on a sculpt√© des pommes de pin.

Enterrement d'un clerc : en tête du cortège, on porte la croix et l'eau bénite. Le corps du défunt est posé sur une civière et recouvert d'un tissu.

Muni du livre et de sa crosse, le P√®re Abb√© cl√īt le cort√®ge.

Ces lions semblent menacer le visiteur de passage. La frise qui domine ce chapiteau est remarquable.

Ces deux sirènes mettent en avant leur longue chevelure pour mieux nous tenter. Il est clair que le chrétien aura intérêt à ne pas les écouter.

Une question cependant : pourquoi la sir√®ne de droite a-t-elle la poitrine vide ? 

Sur la face centrale de ce chapiteau, deux personnages se battent en duel, non pas avec des épées mais avec des gourdins. Entre eux, un objet, lutrin ou table, qui pourrait bien être la raison de cet affrontement.

Derrière le combattant de gauche, un personnage assis tient levée une arme.

De l'autre c√īt√©, un personnage assis, regardant ailleurs, tient √† l'envers un balai et peut-√™tre un seau d'eau, peut-√™tre un sac.

Curieuse scène ! Pourquoi se bat-on de cette façon ? Qui sont ces curieux personnages ?

Les consoles

Comme nous l'avons décrit plus haut, les chapiteaux de la nef sont encadrés par deux statues posées sur des consoles grimaçantes.

En voici quelques exemplaires.

Ceci est la premi√®re console que l'on voit   dans l'√©glise, du c√īt√© droit. Cet homme est pris dans la gueule du L√©viathan qui, dans bien des images, figure la porte de l'enfer. C'est donc un avertissement sans √©quivoque.

Les cl√©s de vo√Ľte

La vo√Ľte romane du XIIe si√®cle a d√Ľ √™tre remplac√©e au XIIIe par une vo√Ľte de style gothique angevin, rythm√©e par de nombreuses cl√©s de vo√Ľte histori√©es. Les nombreuses traces de pigments visibles au t√©l√©objectif prouvent qu'elles √©taient peintes, donc beaucoup plus lisibles que maintenant.

Si on part du fond de l'√©glise pour aller jusqu'au chŇďur, on note qu'elles sont install√©es selon un ordre chronologique : Adam et Eve, la faute, Abel et Ca√Įn, des proph√®tes, les √©vang√©listes, saint Pierre, la Vierge et l'Enfant, les Rois Mages. Dans le chŇďur, la parousie, autrement dit, la seconde venue du Christ et le Jugement Dernier.

L'histoire d'Adam et Eve est racont√©e en trois cl√©s de vo√Ľte situ√©es au-dessus de la tribune : Eve sort du c√īt√© d'Adam. Ils d√©sob√©issent √† Dieu : Eve prend la pomme, Adam se tient la gorge car la pomme est coinc√©e. Enfin, ils sont chass√©s du paradis.

Toujours au-dessus de la tribune, ces deux clés de voûte nous racontent l'histoire d'Abel et de Caïn : les deux frères font une offrande à Dieu, Abel, celle d'un agneau, Caïn, celle des fruits de sa récolte. Dieu rejette la deuxième offrande, provoquant ainsi la jalousie meurtrière de Caïn envers Abel.

Au milieu de la nef, au-dessus de l'all√©e centrale, saint Pierre et sa cl√© : les traces de peinture d'origine sont particuli√®rement visibles sur cette cl√© de vo√Ľte.

Lorsqu'on progresse vers le chŇďur, la cl√© de vo√Ľte suivante repr√©sente la Vierge √† l'Enfant. Bien logiquement suivent les Rois mages.